15.02.2008
Le court-métrage essaie de renaître de ses cendres
Il fut un temps où, au cinéma, le film était précédé d'un court-métrage. Un temps aujourd’hui révolu. Alors, plutôt que de penser à leurs « heures de gloire », les producteurs ou autres réalisateurs de court-métrage se mettent en quatre pour se faire (re)connaître.
Les premiers pas sont souvent chancelants. Les réalisateurs les plus confirmés n’échappent pas aux difficultés du débutant. En 1965, un jeune réalisateur nommé Ridley Scott, réalise son premier court-métrage « Boy and Bicycle » avec un budget de 65 £ (87€ environ) et une caméra 16 mm qu’il avait emprunté au Royal College of Art de Londres. Le court-métrage a servi de tremplin à bons nombres de réalisateurs. Jean-Pierre Jeunet, metteur en scène à succès avec son Fabuleux destin d’Amélie Poulain, a remporté le césar du court-métrage en 1991 avec Foutaises. Moins cher que le long-métrage, le court est aussi plus facile à réaliser. La concision de son propos, la liberté de sa narration, ses variations formelles, sa créativité, son impertinence… Il a tout pour plaire. Cette année, les Français s’exportent bien puisque deux de leurs courts sont nommés aux Oscars qui auront lieu le 24 février prochain. "Même Les Pigeons Vont au Paradis" dans la catégorie Meilleur court-métrage d'animation et "Le Mozart des Pickpockets" dans la catégorie Meilleur court-métrage.
Canal + se met à l’heure du court
Cette exportation à l’étranger a décidé les chaînes françaises à accorder une place plus importante au court. Avec ses « Films faits à la maison », Canal + est l’une d’entre d’elles. La chaîne cryptée, dite chaîne du cinéma, s’était jusque-là spécialisée dans les longs-métrages. « Nous avons envie de plus nous impliquer dans le court-métrage. Nous avons commencé lors du festival de Clermont-Ferrand et nous comptons bien surfer sur cette vague » explique Pascale Faure, responsable des programmes courts et des créations, avant d’ajouter « Canal a augmenté son budget consacré à l’achat de courts-métrages de 28% en 2007. Nous avons diffusé 780 heures de programme court l’année dernière ».
L’histoire est belle mais les réalisateurs galèrent toujours autant pour se faire connaître. « Le financement est la partie la plus difficile. Je n’ai pas la vocation à être producteur, mais il faut bien passer par là. Pour mon premier court (Fanny Ardant et toi), j’aurais pu me tourner vers un producteur. Mais c’est un processus très long et peu d’entre eux s’engagent dans le court-métrage. Le film ne coûtait pas trop cher, autour de 5 000 euros. Je l’ai, finalement, quasiment autofinancé avec l’aide d’une directrice de production, Ariane Cousi » explique Anthony Sabet, jeune réalisateur de 25 ans.
Internet comme planche de salut
Mieux que les chaînes de télévision, le court-métrage prend son envol sur Internet. Dailymotion est une plateforme idéale pour le court. De nombreux réalisateurs n’hésitent pas à y mettre leur film. Le site est d’ailleurs en train de créer un système de partage de revenus publicitaires (selon le nombre de visiteurs) avec un distributeur (Premium Film). Autre solution : le téléphone portable. Avant seul téléphone, aujourd’hui lecteur mp3, appareil photo, caméra. Les utilisateurs de téléphonie mobile peuvent voir des courts-métrages sur leur téléphone après les avoir téléchargés. Un long-métrage, c’est impensable, mais un format court, de quelques minutes, sans problèmes. Le court-métrage s’offre un bol d’air frais grâce aux nouvelles technologies. Quant à savoir si ça sera assez…
14:23 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ciné, court-métrage, film
14.01.2008
La France rameute l’Europe
Jean-Pierre Jouyet et son homologue allemand, Günter Gloser, se sont retrouvés lundi à Strasbourg afin de « se mettre à l’écoute de nos partenaires ». Les deux secrétaires d’Etat participent aujourd’hui à une table ronde organisée par l’ENA sur les présidences du conseil de l’Union européenne. Alexandr Vondra, vice-premier ministre tchèque chargé des Affaires européennes et Hakan Jonsson, en charge des Affaires européennes au cabinet du Premier ministre suédois seront aussi présents. « Ce séminaire est orienté vers l'action et les rencontres. Il s'adresse aux décideurs des secteurs public et privé européens concernés par l'exercice de la présidence européenne », explique-t-on du côté du ministère des affaires étrangères.
L’Europe au rendez-vous
Le séminaire est marqué par de nombreuses interventions aujourd’hui. Deux tables rondes sont au programme. La première ayant pour thème « la présidence du Conseil de l’Union européenne : défis et continuité politique ». Jean-Pierre Jouyet et Alexandr Vondra interviendront à cette occasion. La deuxième table ronde s’intéressera à « l’organisation des relations de la Présidence du Conseil de l’Union européenne avec les institutions européennes et nationales ». Pervenche Beres, présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Catherine Day, secrétaire générale de la Commission européenne, Hakan Jonsson, secrétaire d’Etat suédois aux Affaires européennes et Pierre Sellal, représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles s’inviteront au débat.
La place de la France
Après le non des Français (55%) au référendum du 29 mai 2005, la France entend redorer son blason et la présidence de l’Union Européenne est le moyen d’y parvenir. Le ministère des affaires étrangères veut une présidence citoyenne impliquant à la fois les élus, les partenaires sociaux, les entreprises ou encore la société civile. Dès le mois de mars, des conventions thématiques seront organisées dans les régions françaises. Un moyen pour le gouvernement d’impliquer des Français, peu intéressés par la question européenne.
La diversité culturelle, atout important de la France, est un objectif de l’Union Européenne. En janvier 2007, un commissaire européen chargé de veiller au respect et à la promotion des identités linguistiques nationales et régionales a été nommé. Une nouvelle bien accueillie du côté français. « Avec l’élargissement, dès 1995, l’usage de notre langue a commencé à subir un certain recul. La langue française reste quand même celle de la Cour de Justice de l’Union européenne », notait Jean-Pierre Jouyet en décembre dernier. Un programme de formation des fonctionnaires européens non-francophones à la langue française a d’ailleurs été mis en place.
Ce séminaire est l’occasion pour la France de consulter ses partenaires européens. Elle tentera, une fois à la présidence, d’intéresser les citoyens à l’Europe, la claque de mai 2005 toujours en tête…
Le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre dernier entrera en vigueur le 1er janvier 2009, sous réserve que l’ensemble des Etats membres aient procédé à sa ratification à cette date. Dès lors, une présidence stable de l’Union européenne, élue pour une durée renouvelable de deux ans et demi, remplacera les présidences tournantes actuelles. Le rôle des parlements nationaux sera également renforcé et la Commission devra revoir ou retirer chaque texte modifié à la majorité des voix. Un haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité fera aussi son apparition. Malgré tout, la plupart des éléments du traité restent proches de l’ancienne Constitution européenne. Selon Bertie Ahern, Premier ministre de la République d'Irlande, « 90% de la Constitution est toujours là. Ces changements n’ont apporté aucune modification spectaculaire à l’accord de 2004 ».
20:27 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : union européenne, référendum, traité
09.01.2008
La collaboration au programme
Le 1er décembre dernier, deux gardes civils espagnols étaient assassinés à Capbreton dans les Landes. L’enquête, conjointement menée par la police française et espagnole, a permis l’arrestation de deux membres présumés de l’organisation terroriste basque, ETA (voir encadré). Une véritable satisfaction pour les deux pays. Depuis ces meurtres, Sarkozy et Zapatero ont décidé de former une équipe permanente contre le terrorisme. Une décision longtemps attendue par les Espagnols. Depuis des années, en effet, les etarras (membres présumés d’ETA) se réfugient en France. Le 1er juillet 2006, Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait déclaré que « la question de l’ETA relève de la souveraineté espagnole » et avait placé la France hors du dialogue engagé entre le gouvernement ibérique et ETA.
La France longtemps hors du coup
L’Espagne lutte depuis 40 ans contre le terrorisme basque. Un véritable problème que la France a toujours refusé de combattre ouvertement. Pourtant, au milieu des années 80, elle a eu fort à faire avec les GAL (Groupes anti-terroristes de libération), organisation implantée dans les services spéciaux espagnols, dont le but était d'éliminer des terroristes basques espagnols vivant au Pays Basque Nord et de faire pression sur l’Etat français pour qu'il arrête les terroristes résidant sur son sol. 40 attentats et 27 meurtres seront commis entre 1983 et 1987 en Espagne et en France, notamment à Bayonne. Depuis, l’indépendantisme basque fait des émules au Pays Basque français. Le 17 juin 2006, Xabi Larralde, porte parole de Batasuna (gauche indépendantiste basque), lançait un appel à Paris : « Il est temps que la France fasse un mouvement envers nous ». Depuis, ETA a frappé pour la première fois sur le sol français.
Le dispositif franco-espagnol
« Nicolas Sarkozy et José Luis Rodriguez Zapatero ont décidé de renforcer la coopération franco-espagnole contre l'organisation séparatiste basque ETA », a déclaré le 8 décembre dernier le porte-parole de l'Elysée, David Martinon. Après l’échec des négociations entamées en juin 2006 entre le gouvernement de Zapatero et ETA, cette collaboration est importante. Concrètement, comment va-t-elle se dérouler ? Les moyens et les effectifs vont être renforcés. Le plus important reste le caractère permanent de cette coopération. Les objectifs sont précis mais les détails sur les actions à venir restent vagues. Sécurité oblige. Deux etarras ont d’ailleurs été arrêtés dimanche en Espagne. « Il s’agit des auteurs de l’attentat mortel de l’aéroport de Madrid en décembre 2006 » a indiqué le ministre de l’Intérieur espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba mercredi.
A l’issue de l’entrevue entre Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero, ces derniers rejoindront Michelle Alliot-Marie au ministère de l’Intérieur afin de recevoir les policiers et gendarmes qui ont permis l'arrestation des deux etarras impliqués dans les assassinats du 1er décembre. La collaboration est bien en marche.
20:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ETA, Espagne, terrorisme, Zapatero, Sarkozy, France


