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09.01.2008

La collaboration au programme

Le Sommet franco-espagnol se tient aujourd’hui à Paris. Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero, le premier ministre espagnol, vont revenir sur la collaboration des deux pays dans la lutte contre le terrorisme. L’occasion de faire un premier bilan de leur coopération.

Le 1er décembre dernier, deux gardes civils espagnols étaient assassinés à Capbreton dans les Landes. L’enquête, conjointement menée par la police française et espagnole, a permis l’arrestation de deux membres présumés de l’organisation terroriste basque, ETA (voir encadré). Une véritable satisfaction pour les deux pays. Depuis ces meurtres, Sarkozy et Zapatero ont décidé de former une équipe permanente contre le terrorisme. Une décision longtemps attendue par les Espagnols. Depuis des années, en effet, les etarras (membres présumés d’ETA) se réfugient en France. Le 1er juillet 2006, Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait déclaré que « la question de l’ETA relève de la souveraineté espagnole » et avait placé la France hors du dialogue engagé entre le gouvernement ibérique et ETA.

La France longtemps hors du coup
L’Espagne lutte depuis 40 ans contre le terrorisme basque. Un véritable problème que la France a toujours refusé de combattre ouvertement. Pourtant, au milieu des années 80, elle a eu fort à faire avec les GAL (Groupes anti-terroristes de libération), organisation implantée dans les services spéciaux espagnols, dont le but était d'éliminer des terroristes basques espagnols vivant au Pays Basque Nord et de faire pression sur l’Etat français pour qu'il arrête les terroristes résidant sur son sol. 40 attentats et 27 meurtres seront commis entre 1983 et 1987 en Espagne et en France, notamment à Bayonne. Depuis, l’indépendantisme basque fait des émules au Pays Basque français. Le 17 juin 2006, Xabi Larralde, porte parole de Batasuna (gauche indépendantiste basque), lançait un appel à Paris : « Il est temps que la France fasse un mouvement envers nous ». Depuis, ETA a frappé pour la première fois sur le sol français.

Le dispositif franco-espagnol
« Nicolas Sarkozy et José Luis Rodriguez Zapatero ont décidé de renforcer la coopération franco-espagnole contre l'organisation séparatiste basque ETA », a déclaré le 8 décembre dernier le porte-parole de l'Elysée, David Martinon. Après l’échec des négociations entamées en juin 2006 entre le gouvernement de Zapatero et ETA, cette collaboration est importante. Concrètement, comment va-t-elle se dérouler ? Les moyens et les effectifs vont être renforcés. Le plus important reste le caractère permanent de cette coopération. Les objectifs sont précis mais les détails sur les actions à venir restent vagues. Sécurité oblige. Deux etarras ont d’ailleurs été arrêtés dimanche en Espagne. « Il s’agit des auteurs de l’attentat mortel de l’aéroport de Madrid en décembre 2006 » a indiqué le ministre de l’Intérieur espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba mercredi.
A l’issue de l’entrevue entre Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero, ces derniers rejoindront Michelle Alliot-Marie au ministère de l’Intérieur afin de recevoir les policiers et gendarmes qui ont permis l'arrestation des deux etarras impliqués dans les assassinats du 1er décembre. La collaboration est bien en marche.
 
 
ETA, 60 ans d’histoire
Euskadi Ta Askatasuna (Pays Basque et liberté) ou ETA est une organisation terroriste basque créée le 31 juillet 1951 à Bilbao. A l’époque, son but est de faire face à la répression franquiste. Elle jouit d’ailleurs à ses débuts d’une grande popularité. Mais, ETA change son fusil d’épaule et s’autoproclame « organisation clandestine révolutionnaire » au milieu des années 60. L’organisation commet son premier meurtre, celui d’un policier, le 7 juin 1968. Plus de 800 assassinats suivront ensuite. Après la mort de Franco (1975), l’Espagne s’attend à une diminution des actions d’ETA. Au contraire, le groupe se structure et se développe. Les revendications actuelles sont à court terme un rapprochement des prisonniers basques (plus de 500 en Espagne et 150 en France) et l’autonomie du Pays Basque incluant les provinces françaises du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule. A long terme, ETA souhaite l’indépendance totale d’un Pays Basque réunifié et socialiste.